22 décembre 2006
Daddy's bûche
Ce n'est qu'une pâle copie du vrai clâbuche.
Ca fera bientôt 26 ans que ma famille me subit a l'immense chance de partager mon quotidien ô combien passionnant :-) Et ils me le disent souvent. D'ailleurs, je suis la seule de la famille où ils prennent tous - à part ma Maman - un puissant plaisir à m'interrompre, me taquiner. Je suis bon public mais quand même, j'ai plus 10 ans!
Etant la benjamine d'une famille de trois enfants, j'étais la petite chieuse capricieuse qui insistait lourdement pour avoir ce qu'elle voulait. Et à Noël, mis à part le poisson le 24 au soir (avec du fenouil cuit vapeur... quelle horreur!!!), je voulais et j'exigeais le "clabûche de mon père". Ce mot là est made by me quand j'étais petite alors que je ne savais pas dire "bûche au chocolat". Ce fameux clabûche est tout simplement divin. Une gênoise faite maison, une mousse au chocolat aussi légère qu'un nuage (j'adorerais pouvoir croquer dans un nuage... oui je sais c'est impossible), une crème au chocolat absolument onctueuse, le tout présenté merveilleusement bien avec les vagues sur le dessus et les décorations spéciales bûche.
Mes deux seuls plaisirs le 25 décembre étaient d'ouvrir les cadeaux le matin et de manger le dessert le midi.
J'ai bientôt 26 ans, mais je continuerai à faire ma chieuse (cette fois-ci j'assume) pour que mon Papa cède à mon caprice de petite fille. Et comme il me lit de temps en temps: "Papa, tu sais que je t'aime fort, et que tu es le meilleur des Papas, tu fais la bûche, hein, dis? Je t'aime tu sais..."
16 novembre 2006
Pour le bonheur des enfants
Je voulais faire un billet complètement autre mais depuis que j'ai lu la note du jour de Miss B, je pense à tous ces mots (maux?): les enfants & la maladie.
Dans sa note, elle explique son investissement - bénévole - auprès d'enfants malades dans un hôpital parisien. Je trouve l'initiative non seulement ultra généreuse mais également belle, touchante, sincère etc...
Je ne suis justicière de rien du tout, mais à la lire, je me rends compte que de nombreux établissements hospitaliers ou clinicaux négligent leurs patients, et surtout au service pédiatrie. Alors qu'un enfant sur un lit d'hôpital - quelque soit le motif de son hospitalisation - est comme un oisillon: il ne lui suffit que de quelques faux mouvements pour tomber du nid, avec certaines conséquences qui vont avec.
Pendant toute mon enfance, j'ai été balladée d'hôpital en hôpital, de médecins incompétents en médecins humains et compétents, mais rien ne m'a fait oublier l'environnemment dans lequel je me trouvais. Le service pédiatrie comportait quelques jouets, l'équipe médicale était souriante mais il manquait un côté "dédramatisant".
Voilà pourquoi je trouve l'initiative de Miss B remarquable. Le peu de temps qu'on peut apporter à quelques pitchounes peut valoir de l'or. Les écouter, les faire rire, jouer avec eux, leur faire écouter leur chanteur préféré, ou tout simplement, leur faire oublier quelques secondes les raisons de leur séjour à l'hôpital... tout ceci est précieux. Je sais bien que ça ne les guérit pas, mais au moins ça leur apporte un petit rayon de soleil dans la journée, et le moindre rayon est capital, croyez-moi.
La moindre visite quand on est allongé, des perfusions dans le bras... ça fait toujours plaisir, et d'une certaine manière, ça aide à aller mieux, donc ça guérit.
20 octobre 2006
Les années collège / lycée
Quel souvenir gardez vous de cette période où votre corps a
été en pleine mutation ?
C’est en allant faire mes courses à Carrefour Auteuil ces jours-ci, et
donc en passant devant le Lycée Jean de
Ce fameux lycée qui fait aussi collège m’a accompagné de la
6è à
J’aurais dû aller dans un collège du XVè à côté de chez moi mais j’ai préféré être avec ma sœur et mon frère ; pour justifier la dérogation qui m’a été accordée, j’ai dû étudier le latin dès la 6è.
1m20 les bras levés à l’époque, un cartable Tan’s deux fois plus grand que mon dos, des lunettes Kickers trois fois trop larges, je commençais mal ma scolarité de collégienne dans un établissement où 1700 élèves se côtoyaient quotidiennement.
Caliméro le retour, j’avais la chance d’avoir ma sœur qui me couvait et je suis vite devenue la petite protégée de ses copines de classe de 2nde qui me gardaient toujours une place à la cantine.
Mal à l’aise au début, j’ai finalement adoré toutes ses années où moult choses se sont déroulées :
- mon premier coup de cœur (jamais été amoureuse à l’école) pour Nicolas N., blond aux yeux bleu qui sortait avec Johan A., ma meilleure amie
- mon premier sac à dos Chevignon que j’ai eu à force de faire Cosette auprès de mes parents
- mes premières mauvaises notes (le 01/20 en maths en 2nde m’a traumatisé ! je suis rentrée dépitée à la maison ne sachant comment l’annoncer à mes parents et j’ai vu ma sœur avec un garçon dans notre chambre…)
- mes premiers « han, ‘tain, la vie elle est trop injuste, j’en ai trop marre »
- mes premiers pas sur les planches de la salle de théâtre où je jouais Cyrano de Bergerac
- mes premières boums ; notamment la première chez Flore D. où j’avais craqué pour son grand frère de 25 ans.
- mes premières soirées pyjama où on se retrouvait à dix pisseuses dans des sacs de couchage à pousser des « han » et des « oh » devant Freddy.
- mes premiers râteaux. Le tout premier était à la boum de Delphine M. Elle voulait dire à Mathieu L. que je voulais sortir avec lui. Je l’ai devancée et lui ai posée la fatidique question sur un slow de Lionel Richie « tu veux sortir avec moi ? » et là, comme un pavé qui m’assommait il a dit le plus naturellement possible « hein ? oh bah non, j’veux pas »
- mes examens, notamment le brevet
- mes premières anti-sèches. En 4è, lors d’une interro d’histoire, j’avais mes fiches glissées sous mes cuisses et l’une d’entre elles s’est fait la malle. In extremis j’ai sorti un « bah j’comprends pas, elle est tombée de mon sac, chu pas une tricheuse moi Madame! »
- mes cours de flûte à bec avec Mme Briois, le sosie grandeur nature de Mafalda.
- mes cours d’EPS. Le nombre de fois que j’ai eu mes règles pour éviter d’aller à la piscine était impressionnant (et les profs n’y voyaient que du feu)
- les squats à Carrefour au rayon BD jusqu’en 4è puis au rayon make up
- les bullages sur la pelouse au dessus de Carrefour
- ma première et unique heure de colle
- les premiers pétards roulés par mes copines qui me proposaient de tirer mais à qui j’ai toujours dit non (15 ans, 20 ans, 25 ans, toujours vierge au joint !)
- les centaines de remontrances « Dorothée tssssssssss, on te laisse continuer ta conversation ou je peux continuer mon cours ? »
- les premiers bisous
- les grands moments de solitude, notamment quand j’ai voulu allumer la cigarette de ma sœur devant mes copines et que je me suis étouffée comme une conne
- les blablatages avec les pions
- les « j’ai trop hâte d’avoir 20 ans, ça doit être trop bien d’avoir 20 ans… »
- ………………
Ces chansons m'ont portée bonheur et correspondent à plein de souvenirs:
J’ai revu mes photos de classe… et je ne pensais pas le dire aujourd’hui mais qu’est-ce que c’est bon de vieillir !
16 août 2006
Je demande une standing ovation pour: "
Je n'aime pas trop faire de dédicaces ou de remerciements car tout le monde s'en fout mais là je vais me lâcher. J'en avais déjà faite une pour Manu & Deedee.
Alors je vais me la raconter actrice hollywoodienne qui vient de recevoir l'Oscar de la Meilleure Actrice - tant qu'on y est, autant mettre les petits plats dans les grands.
Tout d'abord, merci à mes parents de m'avoir mise au monde et grâce à qui ce blog existe indirectement :) Ensuite la soeur, le frère... bon je m'arrête là pour la famille.
Un clin d'oeil à Cyril pour tout ce temps passé ensemble, les soirées informatiques à t'expliquer comment fonctionne Word, l'heure et demi passée au téléphone à t'expliquer comment graver un CD sur Nero. Et puis, tu resteras à jamais "l'homme à la quiche féta-courgettes" :-) (mesdemoiselles, si vous habitez dans l'ouest, cet homme est un fin
cuisinier et le champion de la quichée citée ci-dessus). J'espère que le nouveau chemin dans lequel tu te lances correspondra à tes envies.
Ensuite, Brunella, ma comparse. C'est avec toi que j'ai voulu lancer ma carrière cinématographique aux Etats-Unis mais on a toutes les deux échoué lors du casting passé à Tampa. Les producteurs n'ont pas vu en nous cette fibre artistique qui nous caractérise tant :)
Diane avec qui j'ai fait les 399 coups. J'ai découvert mon alter ego quand on est parti jouer
les milliardaires (que nous ne sommes évidemment pas) aux Bahamas. Les deux blondes que nous étions ont profité de l'univers "paradisiaque" de la Floride pour bronzer sous les cocotiers, faire du lèche-vitrines, passer des soirées bien arrosées à la sangria.
Laurie, ma comparse du road trip. On a (presque) tout partagé: nos heures de travail à faire les connes (ah... le cassage de verres devant Petit Phil!), nos soirées entre gonzesses à mater des DVD et s'empiffrer de M&M'S, on a même partagé un mec (sans le savoir évidemment)...
La liste pourrait s'allonger mais je rajouterai Olivier (on t'attend de pied ferme, hein futur faux colloc'?), Wilfried, Antoine, Mickaël, re-Mickaël, Kamel, Mélissa, Saïd et plein d'autres....

et le meilleur pour la fin... avec ma limousine 
Je me rends compte que ce billet est quand même très mégalo-égocentrico-moi je-nombriliste mais promis c'est la premier et le dernier!
Et j'oubliais, merci à tous de venir ici (de votre plein gré ou par hasard).
Je concluerai en disant ceci: merci pour votre soutien et tout l'amour que vous me portez, c'est grâce et pour vous que je fais ce métier!! (je serais super nulle pour faire un speech aux Oscars!)"
13 août 2006
La Nostalgie de mon année aux USA
Je pourrais en parler pendant des heures, des jours, des mois...
Avec tout ce qui s'est passé entre le 02 décembre 2002 et le 25 février
2004, je pourrais écrire une saga en quinze volumes aux éditions Albin
Michel! Mais je préfère écrire quelques lignes ici qui feront sourire
les personnes avec qui j'ai partagé ces instants, qui fatigueront ceux
qui ne me connaissent ni d'Eve ni d'Adam, qui donneront peut être envie
à un certain de se lancer dans une aventure comme celle que j'ai vécue.
Parce
que oui, c'est une véritable aventure. Avec des larmes, des éclats de
rire, des voyages, des ras-le-bol, des "j'en veux encore", des garçons,
du boulot, des boîtes, des soirées limousines, des soirées à gogo, des
papotages jusqu'à pas d'heure, des palmiers, des eaux turquoises, des
rencontres...
Je pourrais commencer par le début mais je ne saurais m'arrêter. Je
suis allée en Floride dans le but de vivre mon rêve qui était d'habiter
aux USA.
C'est
Disney qui m'a donné cette opportunité, et rien que pour ça je lui en
suis reconnaissante. J'ai travaillé à Epcot Center, au Pavillon
français pour Messieurs Bocuse et Lenôtre. Le boulot a été rébarbatif
mais le fait de travailler avec des gens sympathiques rendait la tâche
agréable. Je ne me suis jamais autant marrée au travail que là-bas.
Avec Antoine, Anne-Charlotte, Brunella, Wilfried (cf photo), Kamel,
Laurie, Ben, Yannick, Thomas... J'ai ri jusqu'à en pleurer, me tordre
de rire par terre, sans pouvoir retenir ma vessie (je suis pas
incontinente non non).
J'ai fait les plus beaux voyages de ma vie.
New York City, la ville de mon coeur qui m'a transportée à chaque fois
que j'y suis retournée. Les Bahamas en croisière: 4 filles et un garçon
sur un bateau, c'était la
croisière s'amuse. On s'est baigné dans des eaux translucides, on a vu
les plus beaux poissons dans les barrières de corail, on s'est pris
pour des stars le temps de visiter l'hôtel Atlantis sur Paradise
Island, on riait comme des fous dans le jacuzzi sur le ponton du bateau
en regardant le soleil se coucher...
L'arrivée de mes parents avec
qui j'ai fait le tour de la Floride et de la Louisiane. On en a pris
plein les yeux quand on s'est retrouvé sur la côte ouest de la Floride
et que l'on a longé les plages du Golfe du Mexique: Pensacola, Tampa,
Naples, Fort Myers et les magnifiques îles que sont Sanibel et Captiva.
Je n'ai jamais mangé de meilleurs fruits de mer qu'en étant à Sanibel.
Je nous vois encore en terrasse dans ce petit restaurant qui ne payait
pas de mine en train de déguster langoustes, crabes et autres richesses
de la mer.
L'expédition
aux Keys et aux Everglades a été tout aussi intéressante. On cotoyait
les alligators et plein d'espèces de volatiles, on navigait dans les
mangroves. Mon estomac se souvient encore de la croisière aux Keys pour
observer les fonds sous-marins dans le bateau de verre.
Et puis il y a eu toutes les chamailleries avec mes roomates. La Norvégienne qui
rentrait bourrée au petit matin, mon Italienne qui en avait marre que
la clim' soit à fond quand elle se levait le matin, ma Chinoise (avec
qui je partageais ma chambre et ma salle de bains) qui laissait trainer
ses cheveux partout mais qui était bien moins bordélique que moi, ma
Mexicaine avec qui on regardait des films d'ados (Coyote Ugly, vous
moquez pas!)
et
qui s'occupait de moi quand j'avais mes angines à répétition, mon
Allemande que je ne supportais plus, mon Américaine avec qui on faisait
des expéditions shopping à Wal-Mart car elle seule avait un 4x4.
Je
continue les voyages avec Cancùn qui m'a déçue. Les plages sont très
belles mais la ville est triste. Les sites de Chichen Itza et Tulum
m'ont fait découvrir les vie des Mayas à leur époque. La ville doit sa
réputation au printannier Spring Break où étudiants et lycéens
américains dépensent leurs économies en alcool et en préservatifs!
Mais mon plus beau voyage a été le final trip que Laurie et moi avons organise comme deux Thelma et Louise parties découvrir la beauté des paysages américains.
Notre
raod trip a duré un mois en commençant par une escale de trois jours à
L-A où j'ai redécouvert le superficiel mais fascinant quartier
d'Hollywood, les boutiques de luxe de Rodeo Drive, les maisons de
milliardaires à Bel-Air... Le voyage a continue un peu plus loin dans
le Pacifique à Hawaii où notre semaine a été rythmée comme je le
raconte là. Retour sur Los Angeles où on a pris possession de notre 4x4 Chrysler direction: l'inconnu.
Nous avons passé trois semaines de pur bonheur à San Francisco, à
traverser la
Vallée de la Mort, à se retrouver sans hôtel à Las Vegas
(merci à Theia et Travis qui nous ont accueilli sans nous connaître
dans leur maison dans la banlieue de Vegas), à traverser le désert du
Nevada et de l'Arizona, a se sentir minuscule devant le Grand Canyon, à
flipper quand on s'est fait arrêter par un shérif dans l'Arizona
et à
Seattle, à se laisser bercer par la tombée de flocons de neige dans
l'Utah, le Montana, l'Idaho et le Wyoming, à faire des casse-croutes
dans nos chambres d'hôtel au Best Western ou au Super Motel 8, à
charger et décharger nos six valises
matin et soir, à ne pas s'épiler
et
faire un concours de "la plus poilue", à visiter les Parcs
Nationaux, à faire une bataille de boules de neige entre Vancouver et
Whistler, à être en rade d'essence en pleine montagne .........
L'histoire s'arrêtera là pour cette fois et je m'en vais à mes occupations doménicales avec la tête chargée de souvenirs américains.
10 août 2006
Une histoire de langues
Ah, les langues, j'adore ça depuis toute petite. N'allez pas chercher du second degré, je parle bien des langues vivantes, des langues étrangères, de celles que l'on apprend à parler à l'école. Même si je suis également supportrice de la langue humaine, je ne parlerai pas de ça aujourd'hui.
Dès mon plus jeune âge, mes parents m'ont fait découvrir la langue anglaise et et j'y ai rapidement pris goût. Quand leur amie londonienne venait à la maison elle me parlait en anglais, et du haut de mes 5 ans je sortais un "may I have some water please?" (avec l'accent bien franchouillard of course). Je voulais m'exprimer en anglais mais j'ai dû attendre ma rentrée en 6è pour dire un peu plus que "my name is Dorothée". Je jouais les faillottes avec la prof d'anglais quand je connaissais un mot et à mesure que les années passaient, j'appréciais cette langue de plus en plus. Et pourtant, je n'ai jamais excellé.
Quand il a fallu choisir une seconde langue dès la 4è, j'ai craint être forcée à prendre allemand. Mon père le parlant couramment, il l'avait imposé à mon frère et ma soeur. Mais petite dernière que je suis, j'ai eu le privilège de pouvoir imposer mon choix à mes parents: c'est décidé, je parlerai italien. Notre voyage dans le Nord de l'Italie cette année-là m'avait permis de prendre goût à cette délicieuse langue. Ma mère, elle même passionnée par les langues voyait en moi un potentiel linguistqiue que j'ignorais complètement: "mais oui ma fille, t'es douée pour les langues". Mais encore une fois, mes facilités pour assimiler ne faisait pas de moi une élève brillante, ni en italien, ni en anglais. Quant au latin, n'en parlons pas, je n'aimais pas et j'ai réussi à convaincre mes parents d'abandonner après six ans de bons et loyaux services.
Je me débrouillais quand même bien dans ces deux langues mais le vrai déclic est venu quand je me suis expatriée aux Etats-Unis, plongée dans un univers anglo-américain avec une coloc' italienne. J'adorais échanger avec les Américains, débutant mes phrases avec un "Sorry, what did you say?", et je parlais italien avec ma roomate tandis qu'elle me parlait en français. Je jonglais d'une langue à l'autre pour mon plus grand plaisir.
Et avec Paola, on chantait ça à tue-tête pour le plus grand plaisir, au grand dam de nos autres roomates!
Et vous, vous aimez ça les langues (étrangères)?
03 août 2006
Appelez moi "Denis(e) La Malice"
Est-ce que ça vous arrive d'avoir la nostalgie d'une certaine période de votre vie? Car pendant presque deux ans, j'avais beau habiter à Paris, vivre à Paris, travailler à Paris que ma tête était de l'autre côté de l'Atlantique, en Floride, à quelques 8 000 kilomètres de ma patrie. Cela s'explique par le fait que la vie que j'ai menée là-bas était à l'opposé de ce que je vivais en France. J'ai appris à m'ouvrir au monde, à sortir de mon métro-boulot-dodo-titi-parisien, j'ai rencontré des centaines de personnes qui m'ont fait découvrir leur culture, j'ai appris à vivre en communauté - avec cinq filles venues de cinq pays différents - j'ai appris à être indépendante... Le retour au bercail s'est bien passé mais pas un jour ne passait sans que je repense à une personne, une situation, un voyage qui s'était déroulé. Enfin, maintenant, je suis "guérie" mais si j'aborde ce sujet c'est que je me suis remémorée les (nombreuses) bêtises que j'ai pu faire avec mon frère et ma soeur.
° Après-midi d'été 1988 - Maison de campagne - Protagonistes: Dorothée, son frère et sa soeur
Mon frère, mon aîné de un an n'arrêtait pas de picorer en cachette dans la réserve de cacahuètes & de pistaches. Et il y a bien une chose que mes parents nous ont apprise, c'est de ne pas mentir et dire la vérité. Mon filou de frère était assez malin pour mettre tout un stock de pistaches dans ses poches de peignoir et laisser les déchêts sous son lit. Mais ma mère, plus maline que lui découvre sa cachette et avertit mon père. Pour ne pas accuser gratuitement son petit chérubin, mon père nous réunit tous les 3 et nous dit de sa plus grave voix "je vous laisse cinq minutes pour me dire qui a fait ça". Conciliabule dans la salle de jeux, et étant la plus jeune des trois, mon frère et ma soeur me demandent de m'accuser alors que je respirais l'innocence. "Papa aura pitié de toi, t'es la plus petite", "Allez, je me suis déjà fait gronder la dernière fois", "Fais semblant de pleurer, il aura pitié", "Si tu te dénonces, je te donne deux images Jeanne & Serge". Voilà comment je me suis couillonnement fait avoir par mes lâches de frère & soeur. Je suis revenue voir mon père, penaude, avec un air de chien battu et je me suis dénoncée à l'insu de mon plein gré.
° Soir d'été 1999 - Paris - Protagonistes: Dorothée & son frère
18 ans, c'est l'âge bête, on croit tout savoir, tout maîtriser, tout appartenir... A vrai dire, la seule chose qui m'appartenais était mon bel iMac rose bonbon que je m'étais achetée avec l'argent gagné pendant que je baby-sittais. J'ai fait un crédit 0% auprès de mes parents, mais au final, je me sentais "propriétaire" de mon ordinateur. Alors quand mon frère a dû s'en servir pour préparer son mémoire, je n'y ai pas vu d'inconvénients. Sauf qu'un soir, il rentre à la maison, fier comme un coq, à mal me parler et là je me suis dit "mon coco, tu me cherches? tu vas me trouver!". J'ai rapidement trouvé le moyen de paramétrer le Mac pour que moi seule y ait accès. Et mon frère, du haut de son mètre 80 me snobbe et m'ordonne de lui laisser la place pour utiliser l'ordinateur. Je refuse à plusieurs reprises. Il finit par allumer l'ordi avec un sourire narquois insinuant "c'est moi le chef, OK", pendant ce temps, je jubilais intérieurement car je savais qu'il allait être bloqué. Arrive le moment que j'attendais où l'écran affiche "enter your password", mon frangin ne se démonte et essaye toutes les possibilités. En vain... C'est que commence les tirages de cheveux, les coups mal placés les insultes... J'avais super mal mais au moins j'avais eu gain de cause. Et puis on s'est vite rabiboché.
° Ete 1991 - Bord de rivière, près de la maison de campagne - Protagonistes: Dorothée & sa soeur
J'ai la chance d'avoir une maison de campagne (enfin c'est celle de mes parents) et d'y avoir passé la majorité des vacances lors de mon enfance. Perdues au fin fond d'un bled de 600 habitants, nous avions, ma soeur et moi, peu d'activités pour nous distraire. Jouer à la corde à sauter ou faire du vélo commençait à nous peser au bout de quelques jours de grande chaleur. Nous rêvions que d'une chose: se baigner dans la rivière au pied de la maison. J'avais 10 ans, ma soeur en avait 13 et nos parents nous interdisaient de s'y baigner car ils jugeaient l'endroit sale et dangereux. Un après-midi, nous décidons de nous ballader à vélo au bord de la rivière. Nous posons les vélos au bord de la rive et nous nous asseyons sur le ponton en bois. En me relevant, je fais un faux pas et me retrouve les quatre fers en l'air... dans l'eau! Première pensée qui me vient à l'esprit "les parents vont me tuer". Ma soeur ayant plus d'un tour dans son sac me soumet son plan pour échapper aux explications des adultes. Je me déshabille - j'étais juste en culotte - et grimpe sur l'arrière du vélo de ma soeur. Je tenais mon t-shitrt en l'air en espérant qu'il sèche au vent. Ma soeur roulait super vite dans les ruelles du village et je maintenais mes habits en l'air tout en les faisant voler. Résultat des courses: l'incident est passé inaperçu auprès des parents mais j'ai fini par chopper la crève à ma trimballer en culotte sur un vélo!
° De 1990 à 1993 - Paris - Protagonistes: Dorothée, son frère & sa soeur
Quelle révolution à la maison quand nous avons eu notre première télé couleur et un magnétoscope. Nous étions comme des hommes préhistoriques ayant découvert le feu. Alors forcément, quand on pouvait la regarder, on en profitait. Mais pour nos parents, il était hors de question qu'on soit scotché devant la télé après l'école. Mes copines suivaient tous les après-midis "Hélène & les garçons" et moi je ne regardais cette série que le mercredi. C'était frustrant. Notre maman était tous les après-midis à la maison, mais il lui arrivait de s'absenter. Alors avec mon frère et ma soeur, on attendait que la porte soit claquée, que l'ascenseur soit fermé pour se précipiter devant la boîte noire. Au début, ça marchait mais mes parents se sont rendus compte qu'on regardait la télé en cachette car elle était chaude. Ils ont trouvé la solution: cacher le câble télé le reliant à la prise murale. Ô déception, mais... on connaît notre mère et il ne nous a pas été difficile de retrouver le câble sous son oreiller ou au fond du buffet. On pouvait regarder la télé, tout en gardant une oreille attentive aux vas-et-vients dans le couloir. Et dès qu'on entendait l'ascenseur s'ouvrir, on remettait le câble dans sa planque, on se précipitait dans nos chambres, heureux d'avoir - enfin - pu regarder un épiside d'Hélène et les garçons en dehors du mercredi.
Et vous, quels sont les moments qui vous ont marqués? Ceux où vous avez utilisé des subterfuges pour échapper aux parents?

