14 novembre 2006
Le "Allô Môman?"
Ca fait très longtemps que je ne me suis pas penchée sur l'un des spécimens masculins que j'ai connus.
Avant de devenir un homme (oui un vrai avec tout ce qui va avec), le petit garçon devenu grand qui sommeille en chacun des mecs est le fils de son père mais surtout ... de sa mère! Oui je sais, certains d'entre nous ont un complexe d'Oedipe ou d'Electre (l'équivalent du complexe d'Oedipe qui lie le père à sa fille) plus poussés, mais quand même...
Mon "Allô Môman" a une relation particulièrement fusionnelle avec sa mère. Ce qui au début semblait touchant (au téléphone avec une voix de petit garçon de dessin animé "Oui ma Maman, je t'aime très très fort, je t'appelle demain, je t'embrasse très fort dans mes bras"), devient limite problématique. Je trouve ça très beau l'amour d'un fils pour sa mère. Mais quand ça frise le charnel, là, ça me dépasse.
Premier cas: il a 37.01°C de fièvre, toussotte, a une crampe d'estomac. Son bilan: il faut IMPERATIVEMENT aller chez le médecin. Réflexe: "Allô Môman? oui c'est moi. Je suis super malade. Faut que tu me prennes RDV d'urgence chez le Dr X - le médecin qui le suit depuis sa naissance - j'ai besoin de toi, je suis mâlâââde! Viens ma faire des câlins..."
Deuxième cas: il s'aventure dans la cuisine (parce que j'oubliais de le préciser, le "Allô Môman" est complètement dépendant d'autrui) pour faire cuire deux steacks. Pris d'une panique inctrôlable, toujours le même réflexe: "Allô Môman? oui c'est moi. Mais quelle quantité de beurre faut mettre? Le poivre et le sel se mettent sur la viande ou dans la viande?..."
Troisième cas: le "Allô Môman" ne veut pas investir dans une machine à laver. Soit. Il existe des laveries automatiques (peu conviviales certes, mais ça existe) ou même une chérie (moi à ce moment-là) prête à jouer les laveuses de linge le week-end. Mais non... Le réflexe: "Allô Môman? oui c'est moi. Je suis mal, j'ai plus de chemises propres pour la semaine à venir. Ni de caleçons, t-shirts... Faut que tu passes prendre mon linge."
Quatrième cas: le "Allô Môman" se révèle être d'une puérilité hallucinante. Adepte de la console de jeux, son réflexe: "Allô Môman? oui c'est moi. Tu devineras jamais quoi? (moi qui pense tout bas "il a réussi à faire des pâtes ou à repasser un chemise... je rêve"). J'ai battu mon record à PSE 4! T'es contente pour moi?"
Cinquième cas: au lit. Ah, ça devient intéressant... Mais là c'est moi qui dis, avec un grand sourire "bon on appelle ta mère pour savoir quoi faire ou on peut se débrouiller à deux?". Il n'a pas bronché et a tout naturellement éteint son portable!
...
Il va sans dire que moi, j'ai appelé MON père pour qu'il vienne me sauver des griffes de ce mother-addict!
28 septembre 2006
Le "Ave César"
Il était une fois deux anciens collègues, perdus de vue
depuis plus d’un an qui avaient décidé d’un coup de se revoir.
- « - « Oh D., tu bosses dans quoi maintenant ? » lui demande t-il au téléphone.
- « - « Je me suis recyclée dans le mannequinat » lui répond t-elle ironiquement.
- « - « Nooooon… (d’un ton tout à fait condescendant) toi ? » rétorque t-il.
- « Ah ben merci, ça fait plaisir ! Je ne suis pas Gisèle Bud-machin-chose mais quand même, je ne suis pas si vilaine que ça ? »
- « Enfin, c’est vrai, maintenant, dans certains magazines… »
- « Stop, tais toi, je t’arrête tout de suite avant que tu me déverses ton lot de remarques vexantes : je ne suis pas mannequin, je m’éclate comme une folle dans une boîte de GMAO » (celui qui trouve la définition de ces quatre lettres remportent… toute ma reconnaissance)
Il venait de perdre tous ses jokers en l’espace de deux mots mais fille de bonne famille qu’elle est, elle le laissait parler.
- Il attaque direct : « t’es dispo pour boire un verre ? »
- Mi souriante, mi dubitative elle lui répondit « Euh.... ce soir ce n’est pas possible, j’assiste à un gala de charité à Monte Carlo mais demain oui »
- « Un gala ?... »
(…)
Rendez-vous pris le lendemain : 20’30, Avenue des Champs-Elysées, devant Virgin Megastore. Elle pensait en son for intérieur « ça fait plus chic de prendre RDV devant Louis Pion, juste à côté mais Virgin fera l’affaire ».
Douchée avec son gel douche aux fruits des bois, brushée comme Anne Hattaway dans The Devil wears Prada, elle enfile son jean’s sexy, un top parme, ses compensés marron & parme et une veste marron, le tout sublimé par son petit sac à mains tout droit sorti d’un magasin d’Orlando sur International Drive : direction les Champs.
Elle arrive avec ses 5-7 minutes de retard habituelles et s’aperçoit qu’elle est en fait en avance. Zieutage bigleux sur les montres de la vitrine à côté de Virgin et elle rêve en se voyant porter cette sublime montre Gucci à € 6 600.
Retour à la réalité quand elle voit J. au loin. Toujours aussi élégant pense t-elle, c’est normal, il était l’homme le mieux habillé de sa boîte.
- « Tu veux aller où ? » lui demande t-elle.
- « Le Monte Cristo est à côté, leur foie gras est délicieux, allons-y » dit-elle en se réjouissant d’avance du plaisir qu’elle va offrir à ses papille.
A l’entrée, ils s’aperçoivent que le restaurant est bondé mais l’hôtesse leur trouve une table entre un couple américain dont l’épouse hurle à la serveuse « I wanna a Diet Coke, D-I-E-T Coke, you know what that means ? not regular, diet ! » et un couple tout droit sorti d’un manga japonais.
Ils s’installent, commandent l’apéritif, ce sera un kir pour elle, un porto pour lui. Ils se lancent alors dans des anecdotes du passé, du présent et elle l’interroge sur sa passion (qu’elle ignorait).
Il commence alors un monologue sans fin sur un grandiose personnage de l’Histoire de France : Jules César. Au bout de vingt minutes, elle esquisse un sourire insinuant « c’est bon, stop Jules Jr, mange ton saumon ».
Mais lui semble emballé que sa comparse en face lui sourit quand il parle de ce personnage qu’il (je cite) « a appris à connaître grâce à son ex, prof de latin ».
« Youpi, se dit-elle, il fait le deuil de sa rupture ; allez vas-y, allonge toi, parle, on est en dehors des heures de consultation mais c’est pas grave… tu vas le payer cher ! ».
Utilisant l’humour comme ultime moyen de secours, elle
arrive subtilement à le faire changer de sujet : les diverses religions
sur l’Ile de
la Réunion.
Un apéro, un plat et un dessert partagé à deux plus tard, il lui demande (enfin !)
- « Et toi alors pourquoi tu ne me parles pas de toi ? »
- « Et bien moi, j’irais bien au sous-sol boire un verre et danser ».
La soirée s’est finie sous des trombes d’eau, elle trempée
de la bretelle de son soutien-gorge ou vernis de son petit orteil, lui enchanté
d’avoir pu parler de son admiration pour le dictateur romain.
- « Je te rappelle » lui dit-elle avant qu’elle ne ferme la porte de se Mégane.
Elle se contenta de rajouter un bref et lointain « mm, si tu veux… »
12 septembre 2006
Le "Une Femme, Comment Ca Marche?"
Je crois être un aimant à attirer les hommes à problèmes. Je
l’ai raconté un peu plus tôt, je suis un peu assistante sociale a mes heures
perdues. Les âmes en peine ont ce petit quelque chose qui donne envie qu’on s’y
intéresse. Et je garde cet optimisme légendaire en me disant que j’arriverais à
résoudre les éventuels problèmes de mon compagnon.
Je suis une jeune femme saine d’esprit et de corps et je ne voulais en aucun cas batifoler. Mais je ne conçois pas de vivre une relation sentimentale tout en arrêtant de voir mes amis (hommes pour la plupart). Chose qui déplaisait grandement à monsieur.
Enfin, en bonne jeune femme polie qui ne cherche pas à ruiner ce qu’elle vient de commencer à bâtir, j’étais obéissante – mais pas trop – et je sentais une appréhension grandissante chez lui. Il se rendait malade à l’idée qu’un homme me regarde et lui-même n’aimait pas être regardé par d’autres femmes. Pourtant il était séduisant et savait qu’il plaisait.
Je ne savais pas ce qu’il voulait, il changeait d’humeur au gré de ses envies et son lunatisme me pesait de plus en plus.
J’étais partagée entre l’idée de tout laisser tomber et me battre pour le garder et lui faire prendre conscience qu’il pouvait me faire confiance. A mesure que le temps passait, il se renfermait, parlait peu et se morfondait dans un mutisme presque flippant.
Et ce mutisme s'est traduit en "plus d'nouvelles, bonnes nouvelles"! Je disparaissais de la circulation comme un piéton shooté par un car pour son bien mais aussi pour le mien.
Je n'ai pas été surprise par son comportement final, mais je vais finir par me dire que les hommes sont, ô combien, plus compliqués que les femmes!!
29 août 2006
Le "Radio Man"
L'autre
jour je me balladais à Boulogne en imaginant ce qu'allait être ma
nouvelle vie dans cette ville où je suis née. Tout à l'heure, je
courrais dans la pluie pour me mettre à l'abris. Si je rapproche ces
deux moments, ça me rappelle un garçon, enfin un homme plutôt, "Le
Radio Man".
Le hasard à bien fait les choses un soir du mois de février 2001
alors que j'étais encore étudiante. C'étaient les vacances et ma
cousine était venue me voir à Paris. Elle voulait être journaliste
alors je lui ai proposé d'assister à plusieurs émissions de télé. Ce
qui fût dit fût fait. "Et la radio?" me dit-elle. Autant que je connais 2-3 personnes dans le monde de le télé qu'à la radio, non.
Je
tente alors le tout pour le tout et j'appelle alors le n° de la libre
antenne de l'époque. J'explique vite fait mon cas et après un
raccrochage au nez (pas fait exprès), l'animateur et son assistant
réalisateur me disent "venez nous voir à la fin de l'émission si vous voulez".
Trente
minutes plus tard, nous voilà en train de papoter avec l'équipe et je
me sentais complètement ridicule car je ne savais pas quoi dire.
Pendant la conversation, un jeune homme 25-30 ans passe, nous dit son
prénom - "Radio Man" - et la rencontre s'achève 1h plus tard.
Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête quand j'ai trouvé le
mail de "Radio Man" et que je l'ai remercié pour les quelques instants
passés ensemble la veille. Je suis agréablement surprise de recevoir
une réponse très sympathique. S'ensuivent quelques échanges de mails.
Les semaines passent, les mois passent, et ce "Radio Man", pour une
raison que je ne m'explique pas trotte dans ma tête.
Je l'avais vu
en tout et pour tout 5 minutes mais quelque chose m'attirait. C'est
comme un aimant que l'on dirige vers une surface métallique et qui se
sent poussé vers celui-ci contre vents et marées.
Près d'un an passe, mais les quelques mails échangés me laissent un
goût d'inachevé et je souhaite le revoir. Mais avec son "emploi du
temps de ministre", c'est chaud. Et un après-midi de février 2002, on
prévoit de se voir. J'avais en mémoire l'image d'un homme de taille
"normale" brun aux yeux marron, alors quand mon regard croise le sien,
je me dis "soit tu dois changer tes lunettes, soit tu perds la mémoire", car il est à l'opposé du souvenir que j'en avais.
Peu
m'importait. On passé quelques heures à parler, lui surtout, de son
boulot et de ses autres activités. Je devais paraître fascinée par le
milieu qu'il fréquentait (alors que pas vraiment). J'étais heureuse
d'être assise à côté de lui et je me sentais bien. Il me demandait si
ça ne me gênait pas qu'il fume un joint, et moi (qui exècre l'odeur de
tabac ou d'herbes de provence cuites au BBQ), je lui rétorque avec le
sourire "nan nan, pas de problème".
On est sorti sous une
pluie battante à la pharmacie (vous vous demandez si c'est pour acheter
des préservatifs? et bé non, des béquilles!!) et là aussi j'étais bien.
On s'est quitté, moi dans l'espoir de remettre ça, lui...(to be completed). Et c'est là qu'est reparti cet échange de mails, de SMS (merci les forfaits étudiants avec textos illimtés) et cette pensée "rêve pas ma pauvre". Je ne voulais pas qu'il se passe quoi que ce soit mais d'un autre côté j'avais toujours ce petit truc inexplicable qui me poussait vers lui.
On s'est revu, et moi, toujours avec ce même plaisir éprouvé la première fois.
Et rebellote mails et SMS. Quand je l'écoutais, je lui envoyais des textos pour lui dire de prononcer le nom du chanteur "avec l'accent italien". Je devais paraître super conne, mais sur le moment je ne m'en rendais pas compte. Quand mon téléphone bippait alors que je m'endormais, je sursautais, appuyais sur la touche lire de mon portable, et faisais un petit sourire de satisfaction à lecture du message auquel je répondais, auquel lui répondait etc...
Cinq ans plus tard, je vois "Radio Man" très rarement mais on continue à s'envoyer des mails. Ce petit truc qui me poussait vers "le côté obscur de la Force" a disparu mais je garde en mémoire les quelques instants passés ensemble.
PS: toi, si tu te reconnais, tu connais - enfin - le fond de mes pensées de l'époque :)
23 août 2006
Le "Psychopathe des Transports"
Quand on regarde un film d'horreur, c'est souvent à la gentille fille que le méchant s'en prend. Ca fait longtemps que je m'extasie plus devant ce genre de films mais à l'époque des Scream et autres Freddy, les victimes étaient les proies les plus faciles. Et je ne trouve pas ça normal. Parce que d'une part, le film n'est pas moraliste du tout, mais alors pas du tout (ce n'est pas le but je sais mais quand même). Normalement, les méchants doivent être punis et les gentils doivent être sauvés et récompensés. Ce qui est rarement le cas.
Et bien dans la vraie vie, c'est tout pareil. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que je fais partie des gentils. Bien élevée, sympathique, marrante, un peu casse bonbons (ça c'est normal, je suis une fille après tout), limite le belle-fille idéale (hein, belle maman?). Alors je me poste cette question: pourquoi s'en prendre à moi?. Pourquoi le seul abruti psychopathe a jeté son dévolu sur moi?
Tous les matins et tous les soirs, je prends les transports en commun. Mon chauffeur privé en la personne de RATP (c'est le sobriquet que je lui ai trouvé) me conduit du point A au point B et inversement. Mais manque de bol pour moi, le Psychopathe en question fait excatement le même trajet que moi. Donc, depuis plus de six mois, je voyage avec un étrange personnage.
Ca a commencé en février 2006. Je suis une nouvelle sur la ligne (!) alors je ne suis pas surprise de voir chaque matin les têtes que j'ai vues la veille. C'est même presque rassurant de voir qu'untel est au fond du magon et qu'unetelle est assise à la même place. Mais voilà qu'un monsieur d'une trentaine d'années, portant son sac à dos vert sur une épaule (c'est comme ça qu'il se fait repérer) s'assied systématiquement en face de moi. Jusque là, ce n'est pas si catastrophique que ça. Mais ce qui a commencé à me mettre la puce à l'oreille est la fois où il est descendu du wagon une station après sa station habituelle pour se mettre dans mon wagon et se mettre en face de moi.
Idem quand on sort du wagon. Il me suit à la trace jusqu'au tourniquet pour sortir de la station. La fois où je tenais la porte pour le prochain, j'ai senti une main se poser contre la mienne et quand j'ai vu le visage du psychopathe, j'ai sursauté et je me suis dit "ce mec est un malade".
J'ai tenté toutes sortes de ruses pour échapper à sa vision le matin et le soir: décaller mes horaires, changer de wagon (je reconnais que ça fait très parisien de se mettre en tête ou queue de train mais j'y peux rien, j'y suis habituée depuis toute petite), changer de place... mais il n'y a rien à faire, je me retrouve presque tout le temps avec lui.
Pourtant il ne paye pas de mine. Il ne m'a jamais adressé la parole. Il esquisse toujours un sourire en m'apercevant du genre "hé hé, je t'ai vu".
Je voudrais lui balancer un sac d'insultes ou lui fouttre un coup de pieds entre les jambes (avec les talons pour que ça fasse bien mal) mais ce serait m'intéresser à lui, chose que je ne veux surtout pas qu'il croit.
J'en ai parlé autour de moi, notamment mon père qui est à sortir le grand jeu: le suivre et le menacer (tu touches un cheveu de ma fille, je te pends par les c*******. Ouais vas-y papa!!).
Je deviens peut être parano mais j'espère que ce scénario que je subis va s'arrêter à partir du moment où j'aurai déménagé. Parce que mine de rien, c'est flippant.
21 août 2006
Le "First One"
Vous vous souvenez tous des séries AB des années 90? N'ayez pas honte, on a toutes (et tous aussi, allez, les mecs, n'ayez peur) suivi avec assiduité les aventues d'Hélène et Nicolas, Johanna & son Cricri d'amour, Jérôme & Justine, François & Annette... (10 ans après, je me rappelle encore de toues les prénoms sans même avoir fait de recherche sur Google, waou!)
Donc on s'est toutes & tous dit "un jour j'emballerai" (cette fois ci, je parle bien d'emballer une personne, fille ou garçon, je ne parle plus de cartons comme hier).
J'avais craqué pour Jérôme et j'aurais vendu mon âme au diable pour être à la place de l'actrice (si on peut appeler ça comme ça...) qui jouait le rôle de Justine. Mais le hic, c'est qu'iln'y avait aucun Jérôme dans mon entourage. Alors quoi faire?
Il y avait des beaux garçons dans ma classe mais je ne les intéressais pas. De la 6ème à la 4ème, j'avais craqué pour Mathieu Lepoutre (si tu passes par là toi, sache que tu m'as brisé le coeur!) mais il est sorti avec ma copine (salope va!), puis Miguel, Nicolas, Jean-Baptiste etc.... mais avec mon mètre vingt les bras levés, je ne cassais pas une pate à un canard.
Quand j'ai commencé à faire partie de la troupe de théâtre du lycée en 3ème, j'avais jeté mon dévolu sur Hamda, 26 ans. J'en avais 15... Et puis j'ai fait la connaissance de celui qui jouait le rôle de Christian de Neuvilette dans Cyrano de Bergerac. Quand je vois Olivier Martinez dans ce rôle au cinéma, je rigole tout bas de la tête qu'avait "mon" Christian. Jeune débutant d'une quinzaine d'années, rappelé à l'ordre par une soudaine poussée d'acné, il ne représentait pas vraiment l'imagine du brun ténébreux mais c'était le seul qui était à même de jouer le rôle.
Nicolas il s'appelait. Rien qu'écrire son prénom me fait rire. Il habitait à côté de chez moi et j'étais grande copine avec sa soeur. On se voyait au collège/lycée, on mangeait ensemble au self, je suis même partie en week-end chez eux à Nogent le Retrou :-)
J'apprends par sa soeur qu'il veut sortir avec moi (waou... super!!), mais elle me signale qu'il est plutôt monté comme un lapin qu'un cheval (je nous vois encore dans ma cuisine, on mangeait des gâteaux apéritifs et elle a pris une frite et deux petites boules à la tomate pour imager "la chose").
Je m'étais entraînée au baiser mais de la théorie à la pratique, il y avait toute une montagne. C'est alors que ma soeur entre en scène.
Elle m'a tendue le combiné téléphonique alors qu'elle avait déjà pianoté le numéro de Nicolas. Mes parens étaient sortis, ma soeur me soufflait quoi dire à mon interlocuteur. J'avais la gorge sèche, le coeur qui battait à 100 à l'heure et je répétais bêtement les mots de ma soeur. Conclusion: il débarquait à la maison dans le quart d'heure! J'étais tétanisée, ma soeur était hilare.
On s'est retrouvé dans ma chambre à parler de je ne sais plus quoi. Je tortillais mon t-shirt, signe de grande nervosité. Je bafouillais, lui aussi. J'étais assise, lui debout adossé contre l'armoire. J'attrapais un coussin pour le tortiller à son tour. Est vvenu l'instant que j'avais rêvé depuis les épisodes de Premier Baiser: the first kiss, avec la langue. Je m'étais entraînée de façon assidue depuis tous ces mois. Et j'ai trouvé ça dégueulasse. Ce baiser m'a picoté la langue comme quand on boit un soda. Non seulement le garçon ne me plaisait pas plus que ça mais en plus il ne m'avait pas donné le plaisir d'embrasser que j'allais découvrir chez d'autres :-)
Je largais le Nicolas aussitôt le lendemain sans préavis!
Aussi bien mon frère que ma soeur ont été marqués par cette soirée. C'était le soir d'un grand match de la Coupe du Monde (ou Coupe d'Europe je ne sais plus) et mon frère se souvient avoir été dérangé par deux pré-pubères en quête de solitude.
On se marre encore à l'évocation de cette soirée et au garçon qui m'a embrassé pour la première fois!
15 août 2006
Le "J'adore les Kikis"
Ne
vous méprenez pas, en parlant de Kikis, je ne parle par des parties
génitales d'un homme (d'ailleurs appeler ça kiki à mon âge serait un
peu ridicule) mais bien de ces espèces de peluches marron, en forme de
singe qui ne ressemble à rien! Regardez à gauche et dites moi ce que
vous y voyez. Pour moi, ce n'est qu'une vulgaire peluche, douce certes,
avec une queue qui suce sa tétine (hhhan, avec les mots "queue" et
"suce", je vais m'attirer tous les amateurs de la fellation qui font
leurs recherches sur google)!!
Me voilà donc dans une relation sentimentale avec un homme "normal" au demeurant. Bien élévé, propre sur lui, bien bâti, avec une bonne situation... le gendre idéal en quelque sorte. Oula, maheureuse que j'étais, je me suis fourrée le doigt dans l'oeil. Ma relation avec le "J'adore les Kikis" se passait merveilleusement bien. On passait des heures à parler, rire, on se balladait comme de jeunes amoureux, on se bécotait sur les bancs publics, on est même parti en Martinique ensemble. Pas l'ombre d'un nuage me direz-vous.
Quand on a décidé de cohabiter, je me voyais déjà Mme T. Parce que lui aussi le voulait bien. Je me disais l'aimer, je lui disais que je l'aimais et réciproquement. On aménage l'appartement, on passe des heures à monter le lit Ikéa qui devait se monter en trois heures, on passe nos week-ends à chercher de quoi meubler l'appartement. Quel beau couple. En effet, on était un beau couple jusqu'à ce que...
Un soir de mars, le "J'adore les kikis" sort un sac et en fait tomber les vingt Kikis qui y étaient enfermés. Ca faisait au moins quinze ans que je n'en avais plus vus d'aussi près. Je le regarde du coin de l'oeil insinuant "qu'est ce que tu fous avec ça, t'as 29 balais mon grand". Le meilleur reste à venir chers lecteurs assoifés de connaître la suite.
Le sus-dit jeune homme commence à faire les présentations. Parce que
oui, à vingt-neuf ans (2+9 29) il avait donné un nom à chacun de ses
kikis collectors (des bleus, des roses, des jaunes, des verts et des
marrons). Il prenait une voix différente pour chacun et disait "Dorothée mon nom est X", "mon nom est Y".
Je levais les yeux au ciel et ne voulait pas le prendre au sérieux. Le
pire est venu quand on s'est couché sur notre beau et grand lit tout
neuf, prêt à faire des papouilles, quand tout à coup il me dit "bah ils sont où mes kikis?". Je lui réponds qu'ils devaient être dans le salon mais que j'en avais rien à faire. Et lui me rétorque "faut qu'ils soient au lit avec nous". Je m'esclaffe de rire en disant "ah ah ah, t'es trop marrant", et lui sérieux "nan je rigole pas, les kikis doivent se coucher".
Il
est parti les chercher et les a disposés alignés entre nos deux
oreillers et sur la couette. Et moi je les jetais à mesure qu'il les
installait.
Il vouait une adoration pour ces peluches. Tout les matins, après que j'ai fait le lit (parce que bien sûr le "J'adore les kikis" ne sait pas faire un lit...), il plaçait les Kikis sur nos oreilers en leur souhaitant une bonne journée. Je me suis faite traitée de "t'as pas de coeur", "fff, tu comprends rien", et sa grande phrase était "moi je suis très attachée à mes souvenirs d'enfance, si tu comprends pas ça...". Mais si mon amour, je comprends tout à fait mais au point de devenir agressif quand je n'ai pas mes vingt peluches, ça je ne comprends pas. Et être fanatique à ce point, je ne saisis pas en effet. Parce qu'il les faisait parler entre eux, il les caressait, leur faisait des bisous... Un homme avec des manies de petit garçon, ça peut être touchant mais à ce point, je trouvais ça répugnant et grottesque!
Jetez moi la pierre si vous trouvez, vous aussi, que je n'ai pas de coeur.
11 août 2006
Le "Footballeur Américain"
Le
rêve de millions de Françaises et de Français est de voir Zizou, lui
parler et faire toutes sortes de choses avec lui. Ce n'est pas le mien,
mais à mon insu j'ai réalisé le rêve de millions d'Américaines et
d'Américains. Non non, je n'ai pas passé une folle nuit d'amour avec
Brad, non je n'ai pas dîné en tête à tête avec Keanu, Al, Mel, Joshua
ou l'un de ses très beaux acteurs. C'est tout autre chose mais je vais
commencer par le commencement.
Après avoir vécu quatorze mois en Floride, on a décidé, ma copine Laurie (pas la chanteuse qui est contente d'être en week-end mais une autre) et moi de se faire un long road trip à la Thelma et Louise. On avait chacune nos envies respectives et on a trouvé un terrain d'entente qui s'est conclu de la manière suivante: une semaine à Hawaii puis road trip dans l'ouest américain à bord d'un 4x4. Le 31 janvier 2004, nous voilà parties, destination Los Angeles. Mes amis sur place (oui, j'ai des amis à Huntington Beach, LA plage des surfers californiens!! hé hé) nous ont accueillis quelques jours. On a laissé notre surplus de bagages et on s'est envolé trois jours plus tard, direction Honolulu... pour une semaine du 02 au 09 février, semaine du Pro Bowl. Pour les ignards comme moi, le Pro Bowl est une sorte d'ultime compétition qui réunit les meilleurs joueurs de football américain chaque année à Hawaii.
Notre
semaine s'annonçait sous les meilleurs hospices. L'hôtel était simple
mais charmant, on était à quelques pas de la plage, des commerces, le
rêve pour toute fille qui se respecte!!
Le lendemain, nous nous levons de bonne heure - décalage horaire oblige - et décidons d'aller à la célébrissime plage de Waikiki Beach. Le décor est magnifique, le sable est tiède, l'Océan Pacifique est calme, ça sent bon le monoï. Quelques minutes après s'être allongée en vue de ne rien faire de la journée, on se fait aborder par deux jeunes hommes qui nous demandent de bien vouloir garder leur ballon de foot pendant qu'ils vont se baigner. "Hé ho les mecs, on est pas baby-sitter de ballons" mais avec ma copine, on accepte quand même de se dévouer. L'histoire aurait pu s'achever là mais naaaaaaaaan. On fait connaissance et ils nous introduisent à leur bande de potes: Dave, Coop', Tony, Bob... et toute une clique de mecs tous plus bronzés et barraqués les une que les autres! Le QG de cette bande était le resto ultra hype au bord de Waikiki Beach: the Duke's. On découvre dans l'après midi que toute cette bande n'est autre que les joueurs utra famous venus disputer leur dernier match de foot (américain) de la saison. Il faut préciser que quand on buvait des verres, un tas de filles venait à notre table pour prendre des photos, demander des autographes sur une feuille ou sur leur... poitrine!
Nous voilà donc embarquées avec Coop, Nick, Dave & co dans des soirées VIP au Zanzabar Night Club
(une sotre de VIP Room hawaiien), aux soirées sur la plage avec ces
mecs qui réfléchissent avec le ballon qu'ils ont entre les mains.
Whatever, on s'amusait comme des folles. Les joueurs, et notamment
Jarrod Cooper (Coop' pour les intimes que nous étions!) avaient qu'une
question en tête "comment dit-on gang bang en français?". Ils
nous croyaient motivées pour une partie de douze jambes (ou plus...
avis aux volontaires) en l'air sur la plage. Ils ont inventé toute
sorte de scénarios pour nous faire céder et le Coop' en question
voulait sauter sur l'occasion d'avoir deux frenchie girls sous le
coude. Mais on avait plus d'une corde à notre arc et on voulait
s'amuser mais pas se retrouver les quatre fers en l'air pour faire
plaisir au monsieur.
Bilan de la semaine à Hawaii: visites de sites magnifiques, perfection de notre bronzage (qui a été perfectionné toute l'année en Floride), rencontres avec les Zizous nationaux et soirées mémorables sous le climat hawaiien. Il nous arrive de leur parler sur MSN et on se marre de cette semaine qui les a tout autant marquée que nous!
09 août 2006
Le "Tentateur"
Et oui, l'Ile de la Tentation ne passe pas qu'à la télé! Je ne suis plus les aventures des bimbos et des play-boys venus s'exhiber sous les tropiques. La regarder - la tentation - à la télé, c'est marrant, mais la vivre, c'est comment dire... gênant.
On vit dans un monde où tout est synonyme de tentation. On a chacun sa/ses faiblesse(s) et à certains moments, on dit m*r*e et on se laisse aller (pas plus tard qu'hier). Chez moi, ce sont les fringues, encore et toujours la sape et les chaussures, la maroquinnerie, l'informatique (quand Apple sort ses nouveaux portables, je deviens folle), les téléphones portables...
Et la tentation humaine est omni présente. On vit dans un monde où l'image de soi est capitale, où le plaisir des sens est constamment mis en avant, où on fait tout pour plaire et être séduit. Etre entouré de gens plaisants, charmants, qui ravissent l'oeil peut être synonyme de supplice. Comment ne pas être tenté quand on croise tous les jours de belles personnes ou pire quand ces mêmes personnes sont à côté de vous toute la journée?
Voilà plusieurs mois que le "Tentateur" fait partie de mon quotidien. Le courant est passé immédiatement, on partage nos petites histoires, on se marre ensemble, on se plait. La tentation a eu raison de nous un soir d'hiver. On devait "se faire un Opéra chez Dalloyau" rue du Faubourg Saint-Honoré, mais ça s'est fini en ciné+pub vers Montparnasse. L'ambiance du lieu, la complicité qui s'installait, les éclats de rire, le kir pour moi et le coca pour lui nous ont conduit à se laisser aller dans un délicieux moment d'échange de baisers.
On savait d'avance qu'il ne fallait pas mais c'était plus fort que nous.
L'épisode a été clos au petit milieu de la nuit et on se cotoie de la même manière comme si rien ne s'était passé. On en reparle avec un sourire dans le coin, avec de la pudeur mais aussi un sentiment d'inachevé.
Et voilà qu'il y a deux semaines, on partage quelques heures ensemble. Le "Tentateur" était tentant comme à l'accoutumée et on résistait à prolonger les instants que l'on avait vécus quelques mois auparavant. Les regards, les sourires, les gestes... tout était là... et pourtant, la raison l'a emporté! Nothing happened.
Depuis, je fais d'étranges rêves de ce "Tentateur" (on est sur des trampolines et on chante sur scène... bizarre, hein?) et j'espère secrètement qu'un jour... - tout en continuant de penser que ça me mènera nulle part de m'aventurer dans des sentiers perdus avec lui.
29 juillet 2006
Le "Pot De Colle"
Je rappelle à tous mes (fidèles?) lecteurs que je ne suis ni anti-hommes ni désespérée, et que je n'ai rien contre les hommes. Si j'écris tant de choses sur la gente masculine, c'est que je suis quotidiennement surprise par le soit-disant "sexe fort" et que je me régale à raconter ces anecdotes qui accentuent mes journées. Les personnes que j'évoque viennent de tout horizon, collègues de travail, amis, simples connaissances, petits amis, famille... Voilà pour le petit récapitulatif.
Venons en à nos moutons et à mon "Pot De Colle" super-archi-méga-vachement-glue. Etant d'une nature indépendante j'aime garder ce côté "solitaire" qui me caractérise même si j'aime être avec les gens et l'homme avec qui je suis évidemment. J'ai besoin de sentir "mon espace vital" autour de moi, ne pas me sentir étouffée dans une relation. Alors le style "j't'appelle toutes les cinq minutes pour savoir où t'es et ce que tu fais", peu pour moi! Je sais bien le faire sentir mais je dois être maladroite ou je me fais mal comprendre car certains ne saisissent pas bien la définition "indépendant".
Et c'est exactement ce qui s'est passé il n'y a pas si longtemps que ça. Au bureau toute la journée, je passais mes journées à entendre "ça va, tu fais quoi? t'es avec qui" et à répondre "oui ça va, je travaille et je suis toute seule dans mon bureau". Quand ma journée de travail était finie, il m'appelait sur mon portable "ça y est t'es partie du bureau? t'es où? tu fais quoi?" et moi "je marche, dans une rue, et oui je ne suis plus au bureau". Une fois chez moi j'entends la jolie sonnerie de mon téléphone me faisant savoir que quelqu'un m'appelait et quand je décroche j'entends un "t'es arrivée, ça y est? mais tu fais quoi?" et moi "je respire...".
Enfin ce harcèlement téléphonique n'est pas comparable à celui quand j'étais en tête à tête avec le "Pot De Colle". Il avait besoin de savoir que j'étais là et se comportait comme un vrai toutou à sa mémère. Alors d'une: je ne suis pas une mémère (:)) et de deux: j'aime pas les toutous! Quoi que je fasse, il était collé à moi, quand je cuisinais, quand je regardais la télé, quand je checkais mes mails, quand je me douchais... Je ne suis pas un monstre et j'aime être bichonnée mais être gluée à un homme 24/7, c'est au-dessus de mes moyens.
J'ai trouvé un bon solvant (type acétone) pour me décoller du "Pot De Colle" et aller voler de mes propres ailes vers d'autres horizons.
