sports_snow009Depuis quelques jours, j'ai une envie qui me trotte dans la neige: enfiler mes chaussures de ski, mon pantalon de surfeuse (que je ne suis pas), mon anorak de surfeuse (que je ne suis toujours pas), mes skis: direction les stations de Haute-Savoie.

Quand je me lève, je sens le fond de l'air très frais, le soleil n'est pas encore levé, le vent rentre dans ma chambre et fait voler le bordel ambiant sur mon bureau et j'ai la sensation d'être à la montagne. Pourtant la vue de ma fenêtre de chambre est des plus banales: cour inétérieure, vue imprenable sur le Massif des Bauges la fenêtre des voisins, odeurs de pins pots d'échappements, quelques centimètres de neige litres de pluie au sol.

J'ai cette chance d'avoir un pied à terre à quelques minutes d'une station de ski (merci grande soeurette) alors quand les stations ouvrent, je suis comme une gamine à Noël, excitée d'enfiler ses skis.

Pourtant moi et le ski, on n'a pas été en très bons termes. Mon père me rappelle - à mon plus grand désespoir - que la fois où j'ai skié comme une déesse (et oui, les déesses savaient skier à l'époque) c'était la toute première fois, à 10 ans.
Et après j'ai souffert, beaucoup souffert. Pendant l'adolescence j'étais une vraie calamité, je pensais que les skis étaient trop lourds pour mon poids plume. Impossible de faire tourner sans un cassage de gueule royal. Quant au planté du bâton, il ne fallait même pas y penser.

En Alsace, j'ai maudit ma tante de m'avoir fait descendre une piste rouge alors que je n'avais pas fait de ski depuis deux ans. C'est bien simple, j'ai déchaussé, mon oncle a pris mes skis, et j'ai fait la descente sur les fesses. Bilan: c'est très marrant mais rageant en même temps.

C'est surtout dans les Alpes (Tarentaise & Maurienne) que j'ai fait mes plus belles gamelles dignes de Vidéo Gag. La plus belle reste celle du 31 décembre 1999. J'allais passer le réveillon avec ma soeur, mon beau frère et des amis, quelle idée de partir en station le matin?
Quand la journée s'achève, ma soeur et son mari voulaient faire une "vraie" descente sans avoir à m'attendre tous les 100 mètres. OK on se rejoint en bas. J'y vais doucement mais sûrement.

Plantage du décor: piste bleue, très larges couloirs, piste quasi-déserte, des sapins de part et d'autre de la piste. Ah vous pensez que je me suis mangée les sapins? Bande de vilains, va!
Je n'ai pas précisé qu'il y avait une crevasse - enfin un gros trou dans la neige de 2 mètres de profondeur environ. Je tournais à mesure que je descendais la piste et greluche que je suis, je suis tombée, les deux skis dans le plat alors qu'il y avait largement la place pour contourner c'te fouttu trou.

Je me suis maudite et j'ai maudit ma soeur (c'est toujours plus facile de s'en prendre à quelqu'un d'absent au moment où il vous arrive un malheur).

Cette histoire me suit toujours et mon entourage n'hésite pas à la sortir quand il le faut.

N'empêche que, depuis, je suis une bête de ski: des skis paraboliques de compèt' (enfin c'est ce que je me dis), un look à la one again que même les gens du pays croient que je suis savoyarde (parce que passer pour la Parigotte de service, non merci), un style inimitable, peu de chutes et de vrais moments de plaisir à glisser sur la neige.

Plus que quelques semaines à patienter...