BricoleuseJe ne sais pourquoi, mais depuis toute petite, j’ai pris goût au bricolage et aux différents travaux à faire dans une maison de campagne. Enfin quand je dis « pris goût », je mens un peu ; « on m’a imposé à me servir de mes deux mains » serait plus proche de la vérité.

J’ai la chance inouïe ou la malchance d’avoir un papa multi-tâches : cuisinier, coiffeur, femme homme de ménage, bricoleur, ingénieur, jardinier, donneur de câlins à ses heures perdues... Je vous vois venir avec le complexe d’Œdipe et l’éternelle phrase « mais t’as pas encore coupé le cordon ! ». Alors merci, je vais très bien mais avouez qu’avec un homme comme ça à la maison, comment ne pourrais-je pas être exigeante avec mon futur ?

Avec ma sœur, qui lui voue autant d’admiration que moi, on a surnommé notre père « Superman » et encore le mot est faible ! Si bien qu’aujourd’hui, elle 28 ans-mariée-2 enfants et moi-25 ans, on se chamaille pour savoir qui est la fille chérie de notre père !

Lui se marre de cette situation, nous aussi d’ailleurs. Et il joue sur les deux tableaux le bougre.

C’est donc dès notre petite enfance que mon frère, ma sœur et moi l’aidions dans les bricoles : ramasser le bois, percer un clou, mettre le vin en bouteille, tenir une planche qu’il sciait etc…

Pas vraiment manuelle, et plutôt maladroite, je n’étais pas du tout emballée dans ce genre d’activités et c’était le plus souvent en grognant que j’enfilais mon gros anorak pour l’aider les après-midis d’hiver. J’ai beau eu trouvé des astuces pour esquiver les travaux qu’il me demandait, il était toujours plus rusé que moi pour me faire bosser.

A partir de 15/16 ans, alors qu’un gros chantier était entrepris dans la maison, j’ai commencé à « mettre la main à la pâte » et à prendre goût au bricolage. Apprendre à souder du cuivre, à installer un conduit de cheminée (j’adorais monter sur l’échafaudage, et grimper sur le toit pour aider mon père), couler une chappe, couper du carrelage, faire le grand ménage après le piquetage d’un mur, peindre, faire de l’enduis etc…

Après des débuts quelque peu chaotiques, j’ai commencé à aimer bricoler même si le résultat n’était pas toujours concluant. Mon grand bonheur était « d’admirer » le travail que je venais d’accomplir et d’avoir cette auto-satisfaction qui n’a pas de prix. Ca ne reste que du bricolage mais malgré tout, j’étais heureuse.

Alors certes, mon apparat de bricoleuse n’est en rien semblable à celui d’une infirmière en blouse (petite touche pour faire grimper mes stats’) mais grâce à mon cher papa, je suis plutôt débrouillarde.